Rozenn Talec & Lina Bellard

Rozenn Talec et Lina Bellard reprennent les gwerziou, ces grandes complaintes de la tradition populaire de Basse-Bretagne dans lesquelles Rozenn Talec a toujours baigné. Un style de chant très expressif et sensible, et un jeu de harpe très singulier, personnel et virtuose, emprunt d’influences indienne, africaine ou orientale. Duo de cordes inspiré.

Rozenn Talec :
voix
Lina Bellard : harpe, voix
Manu Le Duigou : son

lina & rozenn

Rozenn et Lina ont débuté leur aventure musicale en septembre 2008. En 2009, elles créent le spectacle Jagrinañ, un récital de chant et harpe construit à partir d’une complainte recueillie en Bretagne à la fin du 19e siècle, où la voix parlée de Yann-Fanch Kemener enregistrée permet à chacun de suivre le fil qui relie tous les chants traditionnels de ce voyage musical. Un disque 4 titres est enregistré à l’automne 2009. Après plus de cinquante représentations dans des chapelles et salles de spectacle elles enregistrent leur premier album Leiz An Dorn en novembre 2013.
Sur la saison 2015-2016 elles participent à une initiative de coopération internationale mise en place par le réseau Bretagne(S) World Sounds. Un échange artistique sous la forme d’un double plateau avec le duo Danois Jullie Hjetland & Jens Ulvsand voit le jour avec sept représentations en Bretagne, Danemark et Suède.

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« Un album de toute beauté et d’une intelligente créativité. Ces deux musiciennes au chant et à la harpe, passées par la Kreiz Breizh Akademi, expriment la musique bretonne par un mode renouvelé. Et comme l’exprime Erik Marchand dans la préface, le champ des possibles n’est pas fini entre musiques du monde et musiques bretonnes. Des histoires fortes sont racontées ici, séparées par des morceaux plus légers, des respirations, des émotions multicolores. La harpe de Lina Bellard n’est pas seulement un accompagnement, elle innove sans cesse, tel un luth ou une kora. Le chant très inventif de Rozenn Talec est imprégné de la diversité de chants traditionnels de l’Orient. Ce premier album est à découvrir, fruit d’un travail mené depuis 2008 avec un spectacle, qu’elles offrent avec délice aujourd’hui. »
Caroline Barray – Trad Magazine N°161 Mai/Juin 2015

« Certains pouvaient penser que notre monde avait fait le tour des possibles de ses traditions. Certains pouvaient penser qu’un duo chant et harpe s’inscrivait dans un monde teinté de classicisme et de salons en velours. Ici «Boked eured» était chanté, dans toutes les noces et souvent la mère de la mariée, presque rituellement, versait une larme. Aujourd’hui moins de mariages, moins de rituels, peut être moins de salons en velours mais toujours la recherche des émotions et donc, d’autres chemins pour les éveiller. Chaque époque apporte ses innovations, qu’elles soient techniques ou liées à l’élargissement de notre connaissance de l’autre : jadis à proximité, aujourd’hui où nous portent nos pas.

Il faut se laisser porter par le jeu résolument dynamique et « l’écriture » intelligente de Lina, soliste, et dans le même mouvement au service du chant. L’amateur pourra y entendre les accents du kanun proche cousin oriental de la harpe ou encore ceux de la kora d’Afrique de l’ouest. L’interprétation de Rozenn sera tantôt respectueuse des formes anciennes, tantôt exploratrice d’autres routes qu’elle fait siennes.
Le choix du répertoire de cette album nous donne à entendre nombre de textes qui furent des standards dans le Centre Bretagne du XXéme siècle (Boked eured (Boked an euredoù) déjà cité: Bolomig (Tad Janedig), Ar plac’h dime’et gant he mamm (Ar momant dimi), pour n’évoquer que les plus célèbres.
Nous nous trouvons face à une réponse personnelle aux influences que reçoivent, les jeunes artistes de Bretagne aujourd’hui : synthèse et personnalisation des masses d’informations musicales et des sensibilités que le « local » et la modernité partagés nous proposent.
Souvent je retrouve l’écho de l’enseignement de Manuel Kerjean dans les phrases de grands auteurs. Face à la musique de Rozenn et Lina c’est Kerjean-Gide (j’ose ce rapprochement) que je citerai : « Ne crois pas que ta vérité puisse être trouvée par quelque autre ; plus que de tout, aie honte de cela. (…) Ne t’attache en toi qu’à ce que tu sens qui n’est nulle part ailleurs qu’en toi-même, et crée de toi, impatiemment ou patiemment, ah ! le plus irremplaçable des êtres. »
« Kouraj emeze merc’hied, ha pa pehe lazhet kant deus ho mestroù, d’ar baradoz ac’h iet. »
Erik Marchand – Préface Leiz An Dorn
Rozenn Talec & Lina Bellard – Leiz An Dorn
2014 – Prod. Cie Kolam Dic’hortoz

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Références scéniques

Le Nouveau Pavillon (Bouguenais), Festival No Border (Brest), Le Pardon de la Baule, Celtomania (Eglise de Saint-Jean de Boiseau), Festival Interceltique (Lorient), Festival Voix Bretonnes (Nantes), Festival Kann Al Loar (Landerneau), Joutes musicales de Printemps (Correns), Les Beaux Jours (Châteaubriant, en partenariat avec le Conseil Général de Loire Atlantique ), Les Champs Libres (Rennes), Festival Objectif 373 (Côtes d’Armor), Saison culturelle de Clisson, Festival Arrée Voce (Chemins du patrimoine en Finistère), Festival International de Harpe Celtique (Dinan), Festival Sevenadur (Rennes), Festival Printemps de Chateauneuf (Chateauneuf du Faou), Yaouank bistro (Rennes), Amzer Nevez (Ploemeur), L’Atelier (Treffrin), Fête du Chant (Bovel), Tournées des Chapelles 2009 et 2010 en Bretagne (30 concerts dont Festival Le Chant des Chapelles de Plougastel, La Chapelle en musique de Questembert, Festival tro ar chapelioù de Rostrenen ),…